Stéphane Custers

Pourquoi avez-vous eu envie de tenir un blog ?

Au départ je cherchais une occupation aussi chronophage mais plus enrichissante que celle de jouer à démineur sur mon ordinateur. « Puisque tout le monde en a un », est littéralement le titre du premier post publié en février 2006, sur « Ceci n’est pas un blog » qui deviendra plus tard « Stéphane Custers: De Profil ».

Je voulais m’amuser avec l’outil, explorer la communication sur internet (je vous parle d’un temps où Facebook n’existait pas), et d’élargir l’exercice d’écriture, parce que je n’avais écrit jusque là que des œuvres dramatiques. J’ai toujours aimé jouer avec les mots : Internet m’offrait un terrain de jeu sans limites. J’ai quand même été jusqu’à créer un roman photo avec des Barbies : Britanny, chanteuse orpheline et milliardaire.

Si dans les premières années j’ai peu publié, le blog s’est développé au fil du temps. Je proposais mon regard personnel sur l’art de vivre dans la capitale française, sur la musique anglo-saxonne, sur la mode belge, sur l’espèce humaine en particulier et les extraterrestres en général, un regard de biais, un regard: de profil. C’est-à-dire hors normes et curieux, ouvert mais pointu, si on s’en réfère à mon appendice nasal…

Pourquoi vouloir passer du blog immatériel au livre de papier ?

C’est sur la proposition des Éditions du Karrefour que j’ai commencé à réfléchir à une version physique de mon blog. En dix ans à peine, la révolution numérique a dématérialisé pas mal de nos habitudes. Pourtant les livres comme les vinyles se vendent, et sont plus hype que ringards, ce qui me rajeunit du même coup.

J’aime bien l’idée de passer de l’objet virtuel non identifié à un objet matériel singulier, quelque part entre l’almanach de Pierre Bellemare et le journal de Carrie Bradshaw. Mais je me suis aussi vite aperçu qu’il était impossible de tout publier. C’est ainsi qu’est venue l’idée des Carnets du Flamand Rose, chroniques récurrentes à pensées volatiles, enrichies de textes choisis. Un bouquin qu’on lit à la plage ou sur une planche, au bord d’une piscine ou d’une dépression automnale, dans un train retardé par la neige ou dans un aéroport paralysé par un vol de flamants migrateurs.

Est-ce que cette expérience vous amènera vers une autre forme d’expression plus littéraire ?

Je ne me pose pas la question en me rasant, vu que je suis barbu. J’écris depuis bientôt trente ans, et je me dis que ces Carnets sont une première étape dans un chemin, dans un voyage sans destination préétablie, dans une migration du Flamand Rose que je suis à la rencontre des autres. Je réfléchis d’ores et déjà à un deuxième tome des Carnets. Mais voyons déjà ce que l’avenir nous réserve. C’est là tout le plaisir, non ?

Propos recueillis par Juliette Tonus, Editions du Karrefour

 

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